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Une infirmière ordinaire

Une infirmière ordinaire

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Le mode "switch" d'une infirmière en manque de vacances

Le mode "switch" d'une infirmière en manque de vacances

" Ma fille, vous savez ma fille, son mari, alors son mari est malade. Bon, il ne peut plus travailler, enfin là où il travaillait, hein, bon. C'est trop physique, alors le mari de ma fille va faire une formation, oui une formation avec l'ANPE enfin le pôle d'emploi comme ils disent, quand il ira mieux. Et puis je lui ai dit à ma fille, hein, il faut qu'elle aille chez le médecin, elle fait des malaises, oui des malaises! parce qu'à cause de son mari, hein? vous comprenez?"
" Effectivement il vaut mieux qu'elle consulte et vous? comment allez vous Madame L.?"
" Ça va, ça va, enfin mon transit comme d'habitude, vous savez, ça c'est quand je mange du chocolat, pis des fruits, trop de fruits, vous savez quoi ça me donne la ch..."
" Euh oui, oui, je vois, alors il faut éviter."
" Et puis je suis ballonnée alors bon, de toute façon cet après-midi on va faire les courses avec ma fille mais là...et puis il va falloir que je demande à mon gendre de tailler la haie dans le jardin, hein, oui quand il sera mieux parce-qu'il est malade. Et puis... et puis..."
Le soin se déroule, Madame L. parle beaucoup, dans tous les sens, des courses, de la cousine de feu son mari qui est morte brutalement : "oui vous savez à un moment c'était à la mode là, une rupture de névrisme" puis son enfance, ensuite vient le travail de son petit fils. J'ai mal au crâne...
Alors il y a des jours où j'avoue qu'arrivée au récit de la dernière sortie à la P*taterie de la famille mon cerveau enclenche le mode " switch ", celui qui en laisse une partie se concentrer sur les soins et permet à l'autre de s'en aller, loin. Penser aux prochaines vacances, le soleil, la plage, le bruit des vagues, les cris des enfants, la chaleur, le sable et...
"Non mais vous vous rendez compte? QUE des patates, moi j'aime pas ça les patates!"
Bon ok, ça ne dure jamais très longtemps et quand votre interlocutrice atteint un niveau de décibel proche de celui d'une pelleteuse, c'est difficile. Mais pensez-y, essayez, même si ça demande un peu d'entrainement, ça fonctionne et le peu de temps détaché de ce flot de parole ininterrompu est précieux et peut parfois sauver une matinée de travail riche en stress... en attendant les vacances!


Le mode "switch" d'une infirmière en manque de vacances