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Une infirmière ordinaire

Une infirmière ordinaire

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Prélude à une vie d'infirmière

Prélude à une vie d'infirmière

Je vous propose, à travers les quelques billets qui vont suivre, un regard en arrière sur mes premiers pas en tant qu'infirmière.
Les études ont changé depuis, sur la forme mais le fond, j'en suis persuadée, reste le même.




Prélude à un vie d'infirmière


Au tout début il y a les études : avant de pouvoir exercer il faut se former.
Et avant de pouvoir étudier, il faut obtenir un concours, qui sélectionne. Ce concours, c'est un peu le sésame pour rentrer à l'IFSI, il y a pas mal de candidats et peu de places, surtout dans les villes de provinces comme la mienne. L'avoir du premier coup a été pour moi un gain de temps, d'énergie et d'argent non négligeable.
Loin d'être un long fleuve tranquille nous guidant droit vers le marché de l'emploi sans embûche, la formation qui suit l'obtention du concours s'avère au contraire être sinueuse et pleine de surprises. Ayant déjà l'expérience des bancs de la faculté, où l'on "apprend/restitue" je me rends vite compte que je ne navigue pas du tout dans la même configuration.
Les cours vont s'alterner avec les stages, dans lesquels il faudra à chaque fois s'intégrer et sortir le maximum d'éléments formateurs pour se construire professionnellement.
Quand au début de l'année, nous avons reçu nos affectations, les sourires de certains tranchaient avec la déception des autres. Je fais partie du deuxième groupe, la majorité de mes stages se fera dans des services qui prennent en charge des personnes âgées. Et également au sein d'unités psychiatriques. Ce n'est pas vraiment ce que j'espérais.
Au départ, nous arrivons tous plus ou moins avec les mêmes envies, assoiffés de technique ou de petits bébés mignons.
Le mythe de la super infirmière des urgences, du SMUR, de réanimation fascine. La pédiatrie attire beaucoup les jeunes filles.
Les séries hospitalières y sont pour quelque chose : tout le monde y est beau et jeune (oui, même les anciens sont beaux et pas trop vieux). Malgré le cancer contre lequel il lutte sans relâche, Kevin, le patient, est frais, a le regard vif, ne se plaint pas et se soumet à tout ce que le personnel médical et paramédical décide pour lui. Parfois il verse une larme mais jamais plus longtemps que l'extrait de la jolie musique qui passe en fond sonore.
La course à l'acquisition des techniques de soins est lancée, parce qu'il faut bien le dire, quand on démarre, on pense que le relationnel c'est simple, c'est donné à tous, c'est de l'ordre du "gnangnan" alors que faire une prise de sang, poser un cathéter intra veineux, une sonde urinaire etc etc... c'est du sérieux, un apprentissage essentiel. Et bien sur ça l'est, bien sur. Moi la première, je n'aimerais pas me retrouver face à une infirmière qui ne sais pas piquer... mais je n'aimerais pas non plus me retrouver face à une infirmière mutique, sans aucune empathie, un robot en somme... le cauchemar. Ça vous dirait? non, j'imagine. Un soin technique s'apprend simplement au bout de quelques observations et répétitions. La qualité relationnelle essentielle à une bonne prise en charge se construit, au cours des années avec le temps et l'expérience. Elle ne s'inscrit dans aucun protocole, il faut aller la puiser en soi, pour l'autre, dans toute sa différence. C'est cette qualité qui fait de nous des soignants et non des techniciens spécialisés en corps humains.


Malgré tout, nos représentations de jeunes apprentis soignants ont la dent dure et ce n'est qu'en se frottant aux terrains de stage que la réalité va vite se charger de remettre les choses à leur place.

À suivre...

Prélude à une vie d'infirmière

À Juliette, infirmière en devenir, qui va faire ses premiers pas, bientôt, en IFSI