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Une infirmière ordinaire

Une infirmière ordinaire

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On va pas s'mentir

On va pas s'mentir

" Isabelle? "
" Oui? "
" Je peux te parler? "
" Bien sûr, vas-y "
" Voilà, j'ai entendu quelque chose et, enfin, je préférais te le dire... Letitia t'a démolie aux transmissions l'autre jour face au médecin. Apparement elle serait obligée de repasser souvent derrière toi pour rectifier oublis ou erreurs."
" Elle ne m'en a jamais parlé, je... enfin je passe aussi après elle et remarque des erreurs, ça nous arrive à tous "
Arrive la médecin du service qui se mêle à la conversation, d'un ton sec : 
" Non mais j'ai remarqué que depuis que vous êtes revenue de congé maternité, vous n'avez peut être plus suffisamment la tête au travail " 
Elle s'en va, sans même prendre la peine d'écouter une éventuelle réponse de l'infirmière, qui soupire.
" Tu sais, laisse tomber, elle a dit qu'elle ne pouvait pas te voir de toute façon, elle n'a rien contre toi mais c'est physique ".

Plus tard, 

la cadre et une infirmière coordinatrice passent dans le service :
 " Nan mais t'as vu ça? Ça revient à peine de congé mater et ça rentre dans du 36, comme ça... pffff, hihihihi "

 (...)

Pour les soignants : rajoutez entre les guillemets toutes les mesquineries et autres petites jalousies mal placées, hypocrisies, voire harcèlements dont vous avez été témoins un jour ou que vous avez subi de la part de collègues en tant que professionnel ou stagiaire.

Que ceux qui n'en ont jamais ne serait-ce que fait le constat me jette la première crocs.


La charge de travail et la pression de la hiérarchie existent et sont compliquées à gérer, de plus en plus, c'est indéniable. 
Mais parfois c'est tout simplement et tout bêtement les "collègues", les autres soignants, ceux qui sont pourtant dans la même galère, ceux qui devraient se souder pour faire face au rouleau compresseur qu'est le système, qui se pourrissent entre eux. 


C'est un fait qui m'a frappé, dés le début de la formation et que j'ai pu remarquer tout au long de ma (courte) carrière hospitalière. Le secteur libéral n'est pas épargné non plus.


Alors nous, soignants, nous qui crions notre mal-être et notre colère face au mépris de l'administration qui nous dirige, comment être respecté? Comment faire bloc face à ceux qui ont le pouvoir de décision, si à notre niveau déjà nous nous tirons allègrement dans les pattes? 

Le billet que j'écris ici me dérange moi aussi mais le sujet me trotte dans la tête depuis trop longtemps :

Même si ce n'est pas facile à admettre et que ce n'est pas très corporate,
 
Il n'y a pas pire ennemi pour un soignant, qu'un autre soignant... aussi proche hiérarchiquement soit-il.

On va pas s'mentir hein?

On va pas s'mentir