Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Une infirmière ordinaire

Une infirmière ordinaire

Menu
Leave Nina alone

Leave Nina alone

La série hospitalière à la française qui a fait grimacer la communauté infirmière.

 

Il y a eu l’attente du premier épisode de la série, les rumeurs et puis les critiques. 

J’ai d'abord hurlé avec la meute ( ou bêlé avec le troupeau ), je le reconnais. Hurlé à l’image stéréotypée de l’infirmière, jeune, jolie, mariée à un médecin etc…

Et puis finalement, j’ai regardé, pour me faire une idée, comme beaucoup d’entre nous ( ne le niez pas, je vous ai vu ). Pas tous les épisodes, certes mais j’ai suivi un minimum.

 

Alors, oui, il y a des incohérences, des jeux d’acteur à la « Plus Belle La Vie », des idées venant de la série américaine dans laquelle une actrice, la quarantaine bien tapée, joue une jeune interne et où tout le monde est plus ou moins l’amant de tout le monde dans un univers de boobs siliconés, de bouches botoxées et d’abdos saillants : la vie, la vraie, en somme.

Série contre laquelle on ne s’insurge pas, bizarrement, mais c’est vrai qu’elle vient tout droit des States et que « Seattle Grace Hospital » ça claque quand même plus que « CH Madeleine-Brès » (malgré tout le respect qu’on doit à Madeleine ). 

Ce qui donne : «  hiiiii la nouvelle saison de Grey’s hiiii trop bien! » VS «  Han, Nina, t’as vu elle n’a pas clampé sa perf, c’est honteux, trop pas réaliste ». 

D’ailleurs, c’est vrai ça, par soucis de réalisme pourquoi Nina ne s’appelle pas Josiane, ne pousse pas un chariot de médicaments et ne gratte pas la fibrine d’une escarre bien coulante avant d’aller faire son tour d’insuline de midi?

Au fond, j’ai vite commencé à trouver l’acharnement d’une partie de la profession sur la série un peu exagéré. Nina reste le personnage d’une fiction et pas d’un reportage in vivo sur les salariés de l’EHPAD « les Alouettes Borgnes » de Bourg-La-Binette.

Qu’on se le dise.

 

Alors venons-en au fait : et si cette série hospitalière pas terrible n’était finalement pas si terrible? 

 

Déjà, il faut le souligner, Nina, l’héroïne, porte une tenue qui lui fait un postérieur de playmobil et ça, c’est réaliste, nous le savons tous. 

Faites porter une tenue d’IDE à Gisele Bündchen —> playmobil. Même elle n‘y couperait pas. 

 

Le médecin du service dans lequel travaille notre héroïne en blouse est loin d’être un canon et est plutôt antipathique. Réaliste? 

Sans commentaire.

 

Le rôle de l’étudiante qui joue l’idiote, ce rôle qui était pour le coup vraiment limite voir carrément insupportable car dégoulinant de mauvais clichés a évolué ( heureusement ) et si j’ai du louper quelques trains m’empêchant de comprendre pourquoi elle est toujours dans le même service après deux saisons, je trouve qu’il y a eu un effort de fait de la part des scénaristes. C’est bien. 

 

Et puis j’ai vu l’épisode du suicide de la cadre infirmière : 

 

Suicide réussi, seule dans la pharmacie, d’une cadre débordée et sous pression permanente. Je l’ai trouvé plutôt juste et pertinent.

Finalement, par n’importe quel biais, il est toujours important de sensibiliser le grand public aux difficultés et à l’issue fatale que choisissent certain(es) de nos collègues se trouvant dans une impasse. 

On n’en parle pas assez dans les médias, voilà qui est fait. C’est peut-être idiot mais ça m’a touchée ( ok, j’ai pleuré ).

 

Pour conclure ce billet sociologicoparamédicalosérietévé je dirais donc qu’effectivement, l’intrigue ne casse pas trois briques ni les pattes d’un canard mais je n’y vois pas non plus d’insulte à la profession ni de déshonneur.

Ça reste un divertissement.

 

Le combat est ailleurs, il y a du boulot et peut-être devrions-nous nous pencher plutôt sur l’image qui est véhiculée par certains reportages qui eux, se veulent réalistes mais qui ne renvoient pas tout le temps la réalité, notre réalité de terrain.

 

Bref, 

 

Leave Nina Alone ( dans son costume de playmobil )

 
Leave Nina alone